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Patrimoine et culture

La naissance de Barnston-Ouest et l’aube de la Révolution tranquille: 1946

Une atmosphère étourdissante régnait au Québec dans les années suivant l’après-guerre et Barnston n’en était pas exempte. Pour la première fois en hiver, les routes étaient ouvertes aux voitures motorisées, et l’électricité fit son apparition dans les campagnes (Way’s Mills avait l’électricité depuis 1927), cinquante ans après le téléphone.  La reprise de la consommation, supprimée pendant la guerre, signifiait que « l’argent coulait à flot».  Le gouvernement du Québec avait très peu de dettes et la population continuait d’augmenter au rythme de 2% par année.  Tout était possible.

C’est dans cette atmosphère que la municipalité de Barnston-Ouest vit le jour le 1er janvier 1946; la décision de diviser Barnston en deux municipalités fut donc prise à peine six mois après la fin de la guerre.

Nous avons peu d’indices qui expliqueraient pourquoi le gouvernement du Québec approuva la création de la nouvelle municipalité de Barnston-Ouest, sinon l’interprétation qui nous a été donnée par des contemporains.  Selon eux, il y avait à l’époque une pénurie de fonds pour des projets de construction de routes et d’écoles, et deux conseils municipaux pourraient obtenir plus qu’un seul. Il y avait alors 180 kilomètres de route à entretenir à Barnston.  On présume que certains contribuables croyaient qu’il était dans l’intérêt de tous d’avoir deux municipalités plutôt qu’une, et que le premier ministre de l’époque les a approuvés… La nouvelle municipalité, dont le premier maire, Henri Roy, était un ancien membre du conseil municipal de Barnston (comme deux autres conseillers, messieurs Ernest Davis et Alvida Inkel, eut pendant ses trente-cinq premières années d’existence, soit jusqu’en 1981, un conseil formé de sept membres parmi lesquels il y avait toujours deux, parfois trois membres de langue anglaise.  Déjà en 1971, la population de langue anglaise de Barnston-Ouest ne représentait plus que le quart de la population totale.  En général, les membres du Conseil siégeaient pendant plusieurs mandats, et après quelques années d’expérience comme conseillers, occupaient à tour de rôle le siège de maire.

Le téléphone semble avoir été disponible tôt dans nos villages, et avoir atteint les campagnes un peu avant que l’électricité soit disponible partout. Ayer’s Cliff possède déjà un centre d’exploitation téléphonique en 1913, qui rejoint 78 abonnés, dont plusieurs habitent des bourgs voisins.  Quand la ligne téléphonique est proche et  disponible, des habitants se regroupent, font les démarches auprès de la compagnie, prennent arrangement et installent eux-mêmes les poteaux aux distances réglementaires pour faire la liaison jusqu'à leurs maisons.  Quand tout est prêt, il n’y a plus qu’à brancher le tout.